Une augmentation mammaire à 16 ans ?

Les adolescents doivent-ils attendre d’être adultes pour recourir à la chirurgie esthétique ?

Les plus fortes demandes : augmentation mammaire et liposuccion de la culotte de cheval…

Le chirurgien esthétique est régulièrement confronté à des demandes de chirurgie esthétique chez des patients et des patientes mineurs. Les demandes les plus fréquentes concernent la poitrine (diminution ou augmentation mammaire, correction d’une asymétrie ou d’une malformation des seins), la silhouette (surtout la liposuccion de la culotte de cheval) et le nez.

Parmi ces interventions, qui ont toutes pour but de réaliser des modifications corporelles, il faut bien comprendre ce qu’il y a derrière cette envie de changement : s’agit-il, comme pour la réalisation de tatouages ou de piercings, d’une manière pour l’adolescent de s’approprier son corps, à un moment où ses transformations et la quête identitaire sont sources d’angoisse ? Ou le but est-il de traiter une souffrance psychologique, un complexe réellement liée à une différence physique ? C’est seulement dans ce dernier cas, et uniquement en présence d’un défaut physique avéré, que la chirurgie esthétique peut être réalisée chez l’adolescent.

L’âge à partir duquel l’opération peut être réalisée dépend de la localisation, selon qu’il s’agit d’une chirurgie du visage, des seins ou de la silhouette.

Concernant la chirurgie de réduction mammaire, il est admis que l’on peut intervenir à la fin de l’adolescence, à partir de 16-17 ans quand les seins sont très volumineux et que cette hypertrophie entraîne des conséquences d’ordre physique (scoliose, douleurs dorsales, difficultés à pratiquer des activités sportives…) et/ou psychologique (complexes, difficultés à s’habiller…). Cette intervention peut réellement transformer psychologiquement une adolescente qui était inhibée.

La demande inverse de correction d’une poitrine trop petite est également de plus en plus fréquente chez les adolescentes. L’opération d’augmentation mammaire peut être réalisée vers 16-17 ans mais sur ce type d’intervention il faut être particulièrement vigilant.
Il n’est raisonnable d’opérer des patientes à cet âge qu’en cas d’absence totale de seins, avec une taille de bonnet inférieure à A, ou si elles présentent une malformation mammaire comme une assymétrie importante des deux seins. Dans ces cas particuliers, on ne peut pas espérer une correction spontanée et il est inutile d’attendre trop longtemps si cette malformation entraîne une réelle douleur psychologique.

Les demandes de liposuccion sont également fréquentes, mais, là encore, seules certaines doivent être satisfaites. Il s’agit des jeunes filles qui ont une culotte de cheval, très localisée et importante apparue au moment de la puberté. Aucun sport ni aucun régime, aussi sévère soit-il, ne pourra faire fondre cette graisse qui a souvent une cause génétique. Lorsqu’elle s’accompagne d’une souffrance psychologique importante et que la déformation est majeure, une liposuccion peut être réalisée dès la fin de la croissance vers 17-18ans.

Enfin les demandes de correction d’un nez proéminent ou dévié ne sont pas rares non plus. Mais l’adolescence est une période charnière de la construction de l’identité, pendant laquelle il est préférable d’éviter des interventions au niveau du visage qui peuvent être déstabilisantes. Pour réaliser une rhinoplastie il faut vraiment que la déformation soit très importante et il faut attendre que la croissance des cartilages du nez soit terminée, c’est-à-dire pas avant 16-17 ans. Dans tous les cas, le consentement de l’adolescent ainsi que celui des parents est bien évidemment indispensable.

 

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